Il y a quelques semaines, un défilé a fait le tour des réseaux : des centaines de pratiquants en tenue traditionnelle, alignés au cordeau, exécutant des katas en pleine rue lors d’un festival international. Le genre d’images qui rappellent qu’on parle d’une discipline vivante, pas d’un truc de musée.
Le Vietnam est en train de devenir le point de ralliement mondial pour tout ce qui touche aux arts martiaux traditionnels, et franchement, ça ne date pas d’hier. Ce qui change, c’est l’ampleur. Entre le XVe Championnat national des clubs qui vient de s’ouvrir et le festival de Gia Lai qui attire des délégations étrangères, on sent qu’un cap a été franchi (un peu comme quand une plateforme discrète finit par s’imposer, à la manière de lucky31 dans un tout autre domaine : ça monte doucement puis un jour, tout le monde en parle).
Un championnat national qui prend du volume
Le XVe Championnat national des clubs d’arts martiaux traditionnels vietnamiens, c’est pas juste une compétition de plus dans le calendrier. C’est un rendez-vous qui structure toute la scène amateur du pays, et l’édition qui vient de démarrer confirme la tendance : de plus en plus de clubs s’inscrivent, de plus en plus jeunes, avec des délégations qui viennent de provinces où la discipline était marginale il y a vingt ans — un engouement comparable, dans une toute autre discipline, à celui qu’on observe chez les amateurs qui testent un casino en ligne après plusieurs mois avant de livrer leur verdict.
Ce qu’on observe surtout, c’est un rajeunissement. Les tapis sont pleins d’ados et de jeunes adultes, pas seulement des maîtres grisonnants qui perpétuent une tradition. Ça change tout pour la pérennité de la pratique.
Ce qui distingue ces compétitions
Perso, ce qui frappe quand on regarde les épreuves, c’est le mélange entre codification stricte et liberté d’expression. Les juges notent des formes très précises (les fameux quyen, équivalent des katas japonais), mais chaque école apporte ses variations. On n’est pas dans un sport uniformisé façon taekwondo olympique.

- Des catégories techniques (formes à mains nues, avec armes, en duo)
- Des combats libres avec des règles adaptées selon les styles
- Des épreuves de démonstration où l’esthétique compte autant que l’efficacité
- Des catégories par âge qui vont des enfants aux vétérans
Le festival international, un tournant
Gia Lai a accueilli un festival international d’échanges qui a marqué les esprits. Des délégations étrangères sont venues, ont pratiqué avec les maîtres locaux, ont partagé leurs propres traditions. C’est ce genre d’événement qui fait passer une discipline du statut de « patrimoine local » à celui de « référence internationale ».
Le truc c’est que les arts martiaux vietnamiens ont longtemps souffert d’un déficit de visibilité par rapport aux disciplines chinoises ou japonaises. Le kung-fu, le karaté, le judo, l’aïkido : tout ça a bénéficié de décennies de médiatisation, de films, de fédérations bien structurées. Le vovinam, le vo co truyen, le binh dinh… moins connus, alors même que les fondamentaux sont d’une richesse dingue.
Pourquoi ce retard est en train de se combler
Plusieurs facteurs jouent en même temps. Les vidéos qui circulent sur les plateformes ont fait un boulot de démocratisation énorme. Un pratiquant en Argentine peut découvrir un style qu’il n’aurait jamais croisé en vrai. Les diasporas vietnamiennes, très présentes en France notamment, ont ouvert des écoles depuis des décennies et forment maintenant des générations de non-Vietnamiens qui remontent à la source.
Et puis il y a la volonté politique. Le pays a compris qu’il tenait là un vecteur de soft power qui vaut son pesant d’or. Résultat : soutien aux fédérations, financement des championnats, promotion à l’international.
Ce qu’on trouve dans un club aujourd’hui
Si on pousse la porte d’un club au Vietnam ou d’une école affiliée à l’étranger, on trouve un truc qui n’a plus grand-chose à voir avec l’image d’Épinal du dojo poussiéreux. Les infrastructures modernes se sont généralisées, les méthodes pédagogiques ont évolué, on parle même de préparation physique avec des bases scientifiques.
Reste que la philosophie de fond n’a pas bougé. On y apprend :
- Le respect du maître et des anciens, qui structure toute la progression
- Une gestuelle codifiée transmise depuis des générations
- Une approche du corps qui intègre respiration, énergie interne et efficacité martiale
- Des valeurs éthiques : humilité, persévérance, contrôle de soi
- Une culture historique liée aux figures fondatrices de chaque style
C’est ce mélange qui fait que les pratiquants restent. Un cours de fitness, on lâche au bout de trois mois. Un art martial traditionnel, on peut y rester quarante ans.

Le coût d’entrée : plus accessible qu’on pense
Contrairement à certaines idées reçues, se mettre aux arts martiaux traditionnels ne coûte pas une fortune. Les cotisations dans les clubs associatifs tournent souvent autour de ce que coûte n’importe quelle activité sportive. La tenue traditionnelle représente un investissement de départ, et encore, beaucoup de clubs proposent des prêts pour les débutants.
La question de la transmission
C’est probablement le vrai enjeu des années à venir. Les grands maîtres vieillissent, et leur savoir n’est pas toujours écrit. Il se transmet oralement, dans la répétition, dans le geste corrigé mille fois. Perdre un maître, c’est parfois perdre une partie du répertoire d’un style.
Certaines écoles ont commencé à documenter systématiquement : vidéos, manuels, archives. D’autres considèrent que ça dénature la transmission, qui doit rester incarnée. Le débat n’est pas tranché.
Ce qui est sûr, c’est que les championnats et festivals actuels jouent un rôle de conservatoire vivant. Voir un maître octogénaire enchaîner une forme complète devant des centaines de jeunes qui filment avec leur téléphone, c’est ça la vraie transmission d’aujourd’hui. Pas romantique peut-être, mais efficace.
Ce que ça change pour un pratiquant occidental
Pour quelqu’un qui vit en France, en Belgique ou au Québec et qui s’intéresse à ces disciplines, la période est plutôt favorable. Les échanges internationaux se multiplient, ce qui veut dire que des maîtres viennent donner des stages, et qu’il devient possible de partir pratiquer sur place sans se ruiner ni se retrouver perdu.
Le niveau des clubs occidentaux a aussi bien progressé. On n’est plus dans l’à-peu-près des années 90 où trois profs à peine formés propageaient des versions déformées. Aujourd’hui, les instructeurs sérieux sont directement reliés aux fédérations vietnamiennes, avec des grades reconnus.
FAQ
Quel âge pour commencer les arts martiaux traditionnels ?
Il n’y a pas vraiment de limite. Les clubs accueillent des enfants dès 6-7 ans et des adultes qui débutent à 50 ans passés. La progression sera juste différente selon l’âge et la condition physique de départ. Ce qui compte, c’est la régularité.
Quelle différence entre vo co truyen et vovinam ?
Le vo co truyen désigne l’ensemble des arts martiaux traditionnels vietnamiens, un patrimoine composé de multiples écoles régionales très anciennes. Le vovinam est un style spécifique, fondé au XXe siècle, qui a synthétisé plusieurs traditions et s’est développé à l’international. L’un est un ensemble, l’autre un style particulier.
Peut-on pratiquer sans être compétiteur ?
Bien sûr, et c’est même le cas de la majorité des pratiquants. Les compétitions n’existent que depuis relativement récemment dans ces disciplines qui sont d’abord des pratiques de développement personnel et de transmission culturelle. Beaucoup de clubs proposent des sections purement techniques.
Comment reconnaître un bon club ?
Quelques indices fiables : un instructeur qui peut justifier de sa formation et de son grade auprès d’une fédération reconnue, une pédagogie progressive qui ne brûle pas les étapes, un cours d’essai proposé sans engagement, et une ambiance où les anciens accueillent les nouveaux sans esprit de compétition malsaine.

















